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Relatos Ardientes

L’amant de la prison vers qui elle revenait chaque vendredi

La lettre arriva un mardi de mars, quand la neige commençait à céder sur les pentes et que les premières pousses pointaient dans la terre humide. Mariela la reconnut au papier — fin, à en-tête officiel — avant même de l’ouvrir.

Damián sortirait dans trente jours.

Elle la lut cinq fois. Puis elle s’assit près de la fenêtre de la cabane et pleura pendant une heure, sans savoir s’il s’agissait de larmes de soulagement, de peur ou de quelque chose qu’elle ne savait pas encore nommer. Le lac renvoyait le ciel dégagé, les oiseaux revenaient aux arbres, et elle avait l’impression que le monde se fendait en deux : ce qui avait été et ce qui pouvait commencer à être.

Mais avant d’être libre, il y avait des comptes à régler.

Ce soir-là, au lieu d’aller à l’atelier de menuiserie, elle demanda quelque chose qu’elle n’avait jamais demandé en deux ans : voir le Corbeau seul à seul. Sans les autres hommes. Sans le miroir. Sans les rituels de possession qui avaient marqué chacun de leurs vendredis. Le message fut bref : « J’ai besoin de te voir. Seule. Ta cellule. Ce soir. »

Elle le trouva assis au bord de la couchette, torse nu, les cicatrices et les tatouages luisant sous le tube fluorescent. Une bouteille d’eau-de-vie de contrebande reposait près de ses pieds nus. L’odeur de l’enfermement recouvrait tout.

— Je sais — dit-il avant même qu’elle parle —. Ton mari sort dans un mois.

Mariela acquiesça. Elle s’assit à côté de lui, une intimité qu’elle ne s’était jamais autorisée. Le bois craqua sous son poids.

— Et maintenant ? — demanda le Corbeau.

Elle mit un moment à répondre. Elle regarda les murs de ciment, l’étroite fenêtre qui laissait à peine passer un rectangle de ciel gris. Elle regarda les mains de l’homme qui l’avait marquée, possédée et, à sa manière, sauvée.

— Maintenant, je veux un nouvel accord.

Il arqua un sourcil. L’intérêt s’éveilla dans ses pupilles comme un animal qui flaire le sang.

— Quel genre d’accord ?

Mariela se leva et commença à mesurer la cellule à petits pas, les doigts effleurant le mur rugueux.

— Deux ans à venir chaque vendredi. Je t’ai donné mon corps, ma volonté, ma honte. Je l’ai fait pour Damián, tu le sais. Mais je l’ai fait aussi pour moi. Parce qu’à un moment, dans un recoin obscur de tout ce cauchemar, j’ai découvert que je voulais le faire. Tu m’as appris que ma chatte pouvait être un territoire, et pas seulement une cage.

Le Corbeau l’observait sans l’interrompre.

— Mais il y a ceux qui ont tout commencé. Des gens qui ont utilisé Damián, qui m’ont utilisée moi, qui ont fait de nos vies une monnaie d’échange. Ernesto Solveira. Le magistrat Arteaga. Ce sont eux qui ont monté cet enfer. C’est eux qui ont décidé que je serais leur jouet.

Elle s’arrêta devant lui et le regarda de haut. Pour la première fois en deux ans, c’était elle qui dominait la hauteur.

— Je veux qu’ils paient.

Il sourit lentement. Ce n’était pas un sourire aimable. C’était celui du prédateur qui en reconnaît un autre.

— Qu’est-ce que tu veux que je leur fasse ?

Mariela se rassit. Cette fois, sa main trouva la cuisse de l’homme et s’y posa avec la familiarité de qui touche ce qui lui appartient déjà. Elle remonta lentement jusqu’à la bosse dure qui marquait sous le tissu du pantalon. Elle la serra sans hâte, mesurant l’épaisseur de la bite qui l’avait ouverte tant de vendredis.

— Je ne veux pas que tu les tues. La mort est trop rapide, trop propre, et ils ne méritent pas la propreté. Je veux que tu les dépouilles. Que tu leur enlèves tout ce qu’ils aiment. Que tu les enfonces dans la même boue où ils m’ont enfoncée.

— Solveira est un fantôme — dit-il, en traitant l’idée, la voix un peu plus rauque à cause de la main de Mariela qui continuait à travailler sa queue par-dessus le pantalon —. Difficile à atteindre. Mais il a un point faible : son fils. Un jeune avocat, impeccable, qui croit que son père est un homme d’affaires respectable. Si ce nom de famille était à jamais souillé…

— Et le juge ? — demanda-t-elle, sans retirer la main.

— Le juge est plus facile. Il a des goûts que tu connais de près. Il y a des traces, des détenus passés par ses audiences privées. Si ça arrive à la presse, à sa femme, il s’écroule comme un château de cartes.

— Je veux plus — dit Mariela —. Je veux qu’il vive dans la peur. Qu’une nuit, dans son lit, avec sa femme endormie à côté de lui, quelqu’un lui murmure à l’oreille ce qui l’attend. Des mois. Des années. Jusqu’à ce que la peur soit pire que n’importe quelle condamnation.

Le Corbeau la regarda longuement. Dans ses yeux brillait quelque chose qui n’était pas seulement de l’admiration.

— Tu es plus cruelle que moi. Moi je détruis des corps. Toi, tu veux détruire des âmes.

— Tu m’as appris que c’était possible.

Un silence épais s’installa, chargé de tout ce qu’il n’était pas nécessaire de dire.

— Et en échange de quoi ? — dit-il enfin.

Elle inspira profondément. Le moment était venu.

— En échange de continuer à venir. Tous les vendredis. Pour la vie.

Il se redressa. Sa main trouva le menton de Mariela et l’obligea à soutenir son regard.

— Même avec ton mari dehors ?

— Même avec lui dehors.

— Et il ne va pas demander où tu vas ?

Elle sourit, triste et libérée à la fois.

— Damián apprendra à ne pas demander. Il apprendra qu’il vaut mieux ne pas savoir certaines choses, et que sa liberté a un prix. Ce prix, c’est moi, chaque vendredi, là où tu voudras de moi.

Le Corbeau ne dit rien. Mais son pouce, rude et chaud, lui caressa la joue avec une lenteur presque tendre. Puis il l’embrassa, et ce ne fut pas comme les baisers pressants et possessifs d’avant, mais quelque chose de lent, de profond, presque révérencieux.

Sans cesser de l’embrasser, le Corbeau la poussa à reculons contre la couchette. Sa langue s’enfonça tout entière dans sa bouche, l’envahissant lentement, et Mariela la suçota comme si c’était un avant-goût. Les mains du prisonnier lui ouvrirent la robe d’un coup, les boutons sautèrent, et ses seins se retrouvèrent nus, les tétons déjà durs, sombres, l’attendant. Il baissa la bouche et les suça un par un, alternant de longues léchouilles avec des morsures qui lui arrachaient des gémissements étouffés.

— Sors-moi ça — lui ordonna-t-il contre son téton —. Avec la bouche.

Mariela glissa au sol de béton et lui déboutonna le pantalon. La bite du Corbeau bondit dehors, dure, épaisse, le gland déjà luisant de liquide. Elle la saisit à deux mains et l’enfourna à moitié dans sa bouche, la langue tournant sous le gland. Il lui enfonça les doigts dans les cheveux et se mit à la baiser lentement, poussant chaque fois un peu plus loin, jusqu’à ce que la pointe lui touche la gorge et qu’elle doive respirer par le nez pour ne pas s’étouffer.

— Comme ça — haleta-t-il —. Comme je t’ai appris. Toute la bite à l’intérieur.

Elle obéit. Elle avala toute la bite, le nez écrasé contre les poils durs du pubis, et resta ainsi, les yeux pleins d’eau, la gorge se contractant autour de l’homme. Quand il la relâcha, un fil de salive pendait de ses lèvres jusqu’au bout de sa queue. Mariela s’essuya la bouche du revers de la main et se remit à le sucer, cette fois en se concentrant sur la couronne, avec des léchouilles précises qui le firent trembler.

— Viens là — grogna le Corbeau, las de se retenir —. Je veux te baiser avant de jouir dans ta bouche.

Il la releva d’un coup, lui arracha le reste de la robe et la jeta à plat ventre sur la couchette. Il lui écarta les jambes avec son genou, cracha dans sa main, s’enduisa la bite, puis la pénétra d’un seul coup de reins qui la cloua au matelas. Mariela hurla contre l’oreiller. Le Corbeau s’enfonça jusqu’au fond, resta immobile un instant pour qu’elle sente la pleine longueur de sa queue, puis se mit à la baiser avec un rythme brutal, les hanches lui frappant le cul avec un claquement humide.

— C’est ça que tu veux, hein ? — lui souffla-t-il dans la nuque —. Chaque vendredi. Pour toujours. Cette bite en toi.

— Oui — haleta-t-elle —. Oui, baise-moi, n’arrête pas.

Il lui attrapa les poignets et les croisa dans son dos, l’immobilisant. Il lui donnait des coups plus forts, plus profonds, tout son poids au-dessus d’elle. La chatte de Mariela acceptait tout, trempée, le serrant, et à chaque coup elle laissait échapper un gémissement étouffé qui était pure reddition. Le Corbeau se pencha et lui mordit l’épaule, la marquant une fois de plus, tout en continuant à la prendre.

— Tourne-toi — ordonna-t-il —. Je veux voir ton visage quand tu jouis.

Il la retira, la fit pivoter, lui écarta les jambes et la pénétra de nouveau. Mariela lui entoura les hanches de ses cuisses et arqua le dos pour le recevoir tout entier. Le Corbeau la pénétrait par de profondes poussées, mesurées, la regardant dans les yeux, sans la laisser échapper à ce regard. Il attrapa un sein et le serra, puis l’autre, puis descendit la main et chercha son clitoris avec le pouce. Il commença à le frotter en petits cercles, sans cesser de la baiser.

— Jouis — lui dit-il —. Jouis sur ma bite. Maintenant.

Mariela obéit avec un long gémissement qui lui sortit du ventre. Sa chatte se referma autour de la bite du Corbeau par spasmes qui la serraient tout entière, et il tint encore quelques secondes, la regardant jouir, avant de jouir à son tour, à l’intérieur, avec un grognement bestial, lui vidant sa semence jusqu’au fond. Il resta au-dessus d’elle, la bite encore dure, sentant comment la chatte continuait à le serrer dans les dernières vagues de l’orgasme.

Quand ils se séparèrent, Mariela pleurait en silence.

— Je ne m’attendais pas à trouver ça — murmura-t-elle —. Ici. Dans cet endroit. En toi.

Il ne répondit pas. Il la soutint seulement, et pour la première fois en deux ans, elle se laissa soutenir sans rien offrir en échange.

***

Trois semaines plus tard, le fils d’Ernesto Solveira fut arrêté. Trafic d’influence, pots-de-vin, association de malfaiteurs. Courriels manipulés, témoins achetés, une vidéo impossible à réfuter sans en révéler la source. Le scandale fut monumental. La carrière du jeune avocat — qui n’avait jamais rien su des crimes de son père — sombra avant même d’avoir commencé. Il fut condamné à huit ans.

Le jour de son incarcération, le Corbeau l’attendait dans la cour. Il ne lui dit pas un mot. Il le regarda seulement. Et ce regard froid suffit pour que le garçon comprenne, dans un lieu primordial de son corps, que son véritable enfer ne faisait que commencer.

Ernesto Solveira vit son héritage s’effondrer en l’espace de quelques mois. Son fils en prison, ses affaires sous enquête, ses contacts le reniant un à un. Il mourut seul, d’une crise cardiaque que personne ne découvrit que trois jours plus tard. Mais avant de mourir, il reçut trois appels, toujours à la même heure, toujours la même voix déformée : « C’est pour Mariela. C’est pour Damián. C’est pour tout ce que tu as fait. » Il ne sut jamais qui c’était. La peur l’accompagna jusqu’au dernier battement.

Le magistrat Arteaga tomba plus lentement et plus cruellement. D’abord les fuites, puis les témoignages d’anciens détenus sur ses audiences privées. Personne ne parla de viol ; ce n’était pas nécessaire. Les insinuations suffirent. Sa femme quitta la maison une semaine plus tard, avec les enfants et une lettre que le juge devina sans la lire.

Mais Mariela avait demandé la peur, pas seulement la ruine. Un soir, des mois après le scandale, Arteaga se réveilla en sursaut. Une silhouette sombre était assise sur une chaise, près de la fenêtre, et ne bougea pas lorsqu’il alluma la lumière.

— Bonsoir, votre honneur — dit Matías, le gardien qui avait si souvent surveillé les portes derrière lesquelles Mariela était possédée —. Je viens de sa part.

Le juge voulut crier. La peur lui ferma la gorge.

— Je ne vais pas vous tuer cette nuit — poursuivit le gardien —. Mais je voulais que vous sachiez qu’elle va bien. Que Damián est libre. Et que désormais, chaque fois que vous fermerez les yeux, vous vous demanderez si c’est la nuit. Profitez de vos petites heures du matin. Elles seront très longues.

Il ressortit par la fenêtre avec le même silence qu’à son arrivée. Le juge ne dormit plus jamais tranquillement. Il tint deux ans, consumé par l’insomnie et la paranoïa, jusqu’à ce qu’un accident vasculaire cérébral l’éteigne dans la solitude de son appartement vide.

***

Le premier vendredi après la libération de Damián, Mariela tint sa parole.

Elle arriva à la porte de service à neuf heures, dans la robe bleue qui se boutonnait dans le dos et le long manteau cachant l’absence de sous-vêtements. Matías l’attendait avec les clés. Ils ne se regardèrent pas.

L’atelier sentait le bois humide et le vernis. Le Corbeau était assis sur l’établi, une bouteille de vrai vin et deux verres posés sur les planches.

— Je ne m’attendais pas à ce que tu viennes — dit-il.

Elle laissa tomber son manteau.

— J’ai dit que je viendrais tous les vendredis. J’ai dit pour la vie. Je ne mens pas.

Il remplit les deux verres et lui en tendit un.

— Ce soir, je ne veux pas te posséder. Je veux être avec toi.

Ils burent en silence. Puis elle reposa son verre, s’approcha et commença à déboutonner sa robe, la laissant tomber à ses pieds. Elle se tint nue devant lui, la peau réchauffée par le vin, les tétons déjà durs au contact de l’air froid.

— Mais moi, je veux que tu me possèdes — dit-elle —. Parce que c’est aussi une façon d’être ensemble.

Le Corbeau la souleva dans ses bras et l’assit sur l’établi, au bord. Il lui écarta les genoux de ses mains et s’agenouilla entre ses jambes. Elle comprit ce qui allait venir et se laissa tomber en arrière, appuyée sur les coudes. La langue de l’homme s’enfonça sans préambule entre ses cuisses. Il la lécha tout entière, de bas en haut, une longue léchouille qui partit du périnée et finit au clitoris. Mariela gémit et lui enfonça une main dans les cheveux.

— Là — haleta-t-elle —. Juste là.

Il la mangea lentement, avec une faim contenue. Il la suçait, la mordillait, la pénétrait avec la langue et remontait encore. Il lui glissa deux doigts épais tout en continuant à travailler son clitoris avec la bouche, les faisant bouger en elle d’un va-et-vient constant qui cherchait le point exact. Mariela se mit à trembler. Ses jambes s’ouvraient et se fermaient d’elles-mêmes autour de la tête du Corbeau. Quand l’orgasme l’atteignit, elle lui plaqua le visage contre la chatte à deux mains, sans le laisser s’échapper jusqu’à ce que la dernière vague se dissolve.

Il se releva, la bouche brillante, et déboutonna son pantalon. Sa bite lui pendait, épaisse et tendue. Il la saisit de la main et fit passer le gland sur ses lèvres de chatte trempée, de haut en bas, sans encore l’enfoncer.

— Demande-le-moi — dit-il.

— Mets-la-moi — haleta-t-elle —. Toute. Maintenant.

Il l’enfonça d’une poussée nette. Mariela cria et s’agrippa au bord de l’établi. Il s’enfonça jusqu’à l’os et se mit à la baiser sur le bois, chaque coup faisant trembler les planches. Il lui prit les hanches et l’attira à lui à chaque choc, jusqu’au fond. Sa chatte laissait échapper un claquement humide à chaque entrée. Le Corbeau baissa une main et lui pinça un téton, tirant dessus tout en continuant à la pénétrer d’un rythme profond et régulier.

— À plat ventre — lui dit-il, en la retirant.

Elle se laissa retourner. Il la plia sur l’établi, la poitrine contre le bois, le cul relevé. Il rentra de nouveau par derrière, d’un seul coup, et cette fois il la prit plus durement, la saisissant par les cheveux, lui rejetant la tête en arrière. Le bruit des corps qui se heurtent remplit l’atelier. Mariela gémissait sans retenue, les tétons râpant le bois brut à chaque poussée. Le Corbeau lui mit le pouce dans la bouche et elle le suça, obéissante. Puis il s’en servit pour humidifier son cul et l’enfonça tout entier en elle tout en continuant à lui baiser la chatte.

— Jouis encore — grogna-t-il —. Avec les deux à l’intérieur.

Elle obéit. L’orgasme la fendit en deux, un spasme qui parcourut tout son corps, et le Corbeau tint bon jusqu’à sentir la chatte se refermer dans les dernières contractions. Alors il s’enfonça jusqu’au fond, se laissa aller et lui vida sa jouissance à l’intérieur avec un long grognement. Ils s’effondrèrent tous les deux sur l’établi, trempés, le bois taché de sueur et de sperme.

Cette nuit-là, il n’y eut ni nouvelles marques, ni morsures qui font saigner, ni la violence rituelle habituelle. Il y eut quelque chose de plus proche du désir nu que ni l’un ni l’autre n’avait jamais connu. Quand ils eurent fini et restèrent allongés sur le bois, Mariela posa sa tête sur sa poitrine et écouta le cœur de l’homme battre lentement.

***

Damián ne demanda jamais rien. Les premiers mois furent difficiles : elle sortait les vendredis soir et revenait le samedi à midi, avec un silence qu’il apprit à respecter. Une fois, une seule, il essaya de la suivre. Il alla jusqu’à la porte de service, mais Matías l’arrêta d’un regard et d’une phrase : « Elle revient toujours. Ne demandez pas. C’est mieux pour tout le monde. »

Ce soir-là, quand Mariela rentra, elle le trouva assis près de la fenêtre, à regarder la neige.

— Je sais — dit-il —. Pas les détails. Mais je sais.

Elle mit un moment à répondre. Dehors, le vent sifflait entre les arbres.

— Et qu’est-ce que tu vas faire ?

Il prit sa main, petite et froide, et l’entrelassa avec la sienne, grande et marquée par les années d’enfermement.

— Je vais vivre avec. Parce que sans toi je serais mort ou fou. Parce que je t’aime. Et parce que je comprends que certaines choses, l’amour ne peut pas les effacer, seulement les accepter.

Cette nuit-là, lorsqu’ils se couchèrent, quelque chose changea.

Le lit de fer grinçait sous leur poids à tous les deux. Les draps usés sentaient le savon et le bois qui brûlait dans le poêle. Damián s’allongea d’abord, dos au mur, et elle se glissa devant lui. Il l’entoura de ses bras, plaquant son corps contre son dos, les jambes repliées, emboîtées l’une dans l’autre.

— Ça va ? — murmura Mariela, sentant sa respiration changer et, contre son cul, la bite déjà dure de Damián.

— J’ai besoin de te sentir — répondit-il contre sa nuque —. Je peux ?

Elle acquiesça à peine, un effleurement de la joue.

Les mains de Damián, râpeuses à cause des années de travail forcé, suivirent la courbe de sa taille, sa hanche, la douceur de son ventre. La peau de Mariela restait lisse, intacte, comme si elle refusait de porter la trace des vendredis dans l’atelier. Le corps de lui, en revanche, était une carte de cicatrices : celles du dos, de l’épaule, le creux de l’omoplate où un tournevis était un jour entré. La pierre contre la soie.

— Touche-moi — murmura-t-elle —. Où tu veux.

Il obéit avec une lenteur révérencieuse. Il couvrit la courbe de ses seins, sentit les tétons se durcir sous le frottement des doigts, les pinça doucement, l’un puis l’autre, jusqu’à ce qu’elle gémisse. Il fit descendre une main sur son ventre et lui écarta les jambes par-derrière. Ses doigts trouvèrent la chatte déjà humide. Il la caressa lentement, glissant sur les lèvres entrouvertes, traçant des cercles autour du clitoris sans encore le toucher. Mariela se cambra, en quête de plus de pression.

— Là — murmura-t-elle —. S’il te plaît.

Il lui enfonça un doigt, puis deux, tandis que son pouce travaillait le clitoris gonflé. L’autre main continuait à empoigner un sein, le serrant au rythme des doigts qui la pénétraient. Mariela était trempée de partout, le liquide coulant entre l’intérieur de ses cuisses.

— Je veux être en toi — dit-il d’une voix épaisse —. Je peux ?

Elle pressa la main de l’homme contre la sienne, le guidant, lui disant sans mots que oui, que toujours oui. De ses doigts libres, elle chercha à tâtons la bite derrière elle et la saisit. Elle était dure comme une pierre, palpitante dans sa main. Elle la guida jusqu’à l’entrée de sa chatte et elle-même repoussa les hanches en arrière pour se l’enfoncer.

Damián se redressa à peine, juste assez pour aligner son corps avec le sien, et commença à la pénétrer lentement. Ce fut une entrée mesurée, millimètre par millimètre, la résistance initiale cédant à une acceptation totale. Mariela retint son souffle quand il fut entièrement en elle, puis laissa échapper un soupir de reddition. Elle le sentait énorme à l’intérieur, palpitant au fond de sa chatte, touchant des endroits qui n’avaient pas reçu cette forme précise depuis deux ans.

— Damián — murmura-t-elle. Son seul prénom. Mais ainsi prononcé, c’était plus que n’importe quelle promesse.

Il commença à bouger sans l’urgence du désir retenu, avec le rythme lent de celui qui sait qu’il a toute la nuit. Ses hanches heurtaient doucement le cul de Mariela, un va-et-vient qui les berçait. La bite entrait tout entière, se retirait presque jusqu’au bout, puis s’enfonçait de nouveau jusqu’au fond. Mariela répondait à chaque coup de reins en arquant le dos, s’offrant davantage, l’invitant à aller plus loin encore. Chaque fois qu’il la pénétrait jusqu’à l’os, elle gémissait à voix basse contre l’oreiller.

— Je t’aime — dit-il, la voix brisée —. Je t’aime tellement. Je t’aime en train de te faire baiser comme ça, à t’avoir comme ça, avec ma bite en toi et les mains sur tes seins.

Elle ne répondit pas avec des mots. Elle chercha sa main à tâtons et la pressa contre sa poitrine, juste là où le cœur battait à tout rompre. Puis elle la descendit plus bas, la guidant jusqu’à sa chatte, pour qu’il sente où ils se rejoignaient, comment la queue entrait et sortait, trempée d’elle.

— Touche-moi là aussi — le supplia-t-elle.

Le rythme s’accéléra sans perdre cette qualité de danse partagée. Damián descendit une main jusqu’au point où leurs corps se rejoignaient et la caressa avec précaution. Il trouva le clitoris gonflé et commença à le frotter en cercles lents, synchronisant le geste avec les coups de reins. Mariela gémit plus fort, les jambes se serrant contre celles de Damián. Sa chatte se contractait à chaque impact, glissante, lui suçant la bite à l’intérieur.

— N’arrête pas — supplia-t-elle —. S’il te plaît. Plus fort. Baise-moi plus fort.

Il obéit. Il s’appuya mieux sur le coude, lui saisit la hanche de l’autre main pour l’immobiliser et se mit à la prendre plus durement, poussant depuis le fond. Le lit de fer grinçait. Les seins de Mariela rebondissaient à chaque coup. Damián lui mordait la nuque, l’épaule, le cou, laissant de petites marques de dents qui étaient à lui et à personne d’autre.

— Tu es à moi — lui grogna-t-il à l’oreille —. Ici, maintenant, tu es à moi.

— Je suis à toi — haleta-t-elle —. Toute à toi. Jouis en moi. Remplis-moi.

Il maintint le rythme, la pression exacte du pouce sur le clitoris, jusqu’à ce que son corps commence à trembler, un spasme profond né dans le ventre et étendu jusqu’aux cuisses. Mariela répéta son nom tandis qu’elle se contractait autour de lui, le serrant, le réclamant. Sa chatte se refermait par vagues, lui suçant la bite, la traitant comme une machine à traire. Alors seulement Damián se laissa aller. L’orgasme le frappa avec un grognement sourd qu’il enfouit dans sa nuque, et il se vida en elle, les hanches secouées de spasmes involontaires, des jets chauds qu’elle sentit exploser jusqu’au fond.

Ils restèrent immobiles, toujours unis.

— Ne pars pas — murmura-t-elle —. Reste encore un peu là.

Il sourit contre sa nuque et la serra plus fort. Il sentait sa bite battre en elle, cédant peu à peu, tandis que la chatte de Mariela continuait à le comprimer par petites contractions qui lui arrachaient les dernières gouttes. Quand enfin il se retira, elle gémit de la perte et sentit la semence de l’homme couler tiède sur l’intérieur de ses cuisses, mais il la plaqua aussitôt contre son corps, la couvrant de sa chaleur. Les cicatrices de son torse frottaient le dos intact de Mariela, et cette silhouette cabossée était, pour elle, le plan du seul homme qu’elle avait attendu.

— Tu es à moi — murmura Damián, déjà à demi endormi.

Elle sourit dans l’obscurité.

— Je l’ai toujours été — répondit-elle —. J’ai juste mis du temps à le savoir.

***

Et ainsi fut chaque nuit. Le rituel se répéta jusqu’à devenir le battement secret de leurs vies. Damián apprenait le corps de Mariela comme on apprend une langue étrangère : chaque courbe, chaque réponse, chaque soupir. Il apprit comment ses jambes s’ouvraient quand il la léchait juste sous le nombril. Il apprit que s’il lui mordait le cou pendant qu’il la pénétrait, elle jouissait plus vite. Il apprit à lui sucer les seins jusqu’à les rougir et à lui enfoncer la langue dans la chatte jusqu’à ce qu’elle le supplie de la prendre. Mariela apprenait à se rendre sans se perdre, à être possédée sans s’amoindrir, à trouver dans l’abandon une forme de pouvoir. Elle apprit à le chevaucher, les mains posées sur sa poitrine couverte de cicatrices, marquant elle-même le rythme, le regardant d’en haut tout en se baisant elle-même avec sa bite à lui. Elle apprit à lui sucer la queue lentement le matin, à le réveiller la bouche pleine, et à l’avaler tout entier quand il jouissait, sans laisser tomber une goutte.

Les vendredis, elle continuait à aller à la prison. Elle revenait les samedis avec un silence plus profond, parfois, et la chatte encore sensible de la nuit dans l’atelier. Damián l’attendait avec le café chaud et ne posait jamais de questions. Mais la nuit, il la réclamait, et elle se donnait avec une intensité qui effaçait toute autre trace, tout autre homme. Elle se laissait prendre de toutes les façons : contre le mur, le visage écrasé contre le bois ; à genoux, la bouche ouverte ; sur le dos, les jambes pendantes au bord du lit et lui debout, la pénétrant jusqu’au fond.

Parce que lui était sa maison et le Corbeau son abîme, et Mariela avait appris qu’on peut habiter les deux lieux sans cesser d’être soi-même. Certaines nuits Damián éprouvait de la jalousie, de la rage, une impuissance farouche. Mais alors venait le lit, et quand il la serrait par-derrière, lui enfonçait la bite lentement et l’entendait gémir de reddition, tout le reste s’effaçait.

Dans ces moments-là, elle n’était qu’à lui. Et lui, qu’à elle. Et cela, avaient-ils découvert, suffisait.

Une nuit, bien des années plus tard, Mariela se réveilla en sursaut. Elle avait rêvé de l’atelier, du bois humide, des yeux du Corbeau brillants dans la pénombre. Mais en ouvrant les yeux, la première chose qu’elle vit fut le bras de Damián autour d’elle, sa respiration paisible, la chaleur de son corps contre le sien.

Elle sourit dans l’obscurité. Dehors, la neige tombait en silence et le poêle crépitait. Elle se blottit contre lui et ferma les yeux, sachant, avec une certitude qu’aucun abîme ne pourrait lui enlever, que ce serait ainsi jusqu’à la fin de ses jours. Sans questions, sans conditions, sans passé. Seulement le présent, seulement la peau, seulement le battement partagé de deux corps qui, contre toute attente, avaient retrouvé le chemin l’un vers l’autre.

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Commentaires(7)

NuitEtoilee

j'ai pas pu m'arrêter, lu d'une traite !!

Pauline

steuplé dis-moi qu'il y a une suite... je comprends tellement ce personnage, c'est troublant

ChercheuseDHistoires

franchement un des textes les plus saisissants que j'ai lus ici depuis longtemps. ça sonne vrai, pas too much. bravo.

Maxime_31

curieux de savoir comment l'autre perçoit tout ça. t'as prévu une suite du coup ?

SophieMar

c'est chaud mais c'est surtout dans la tête que ça se passe, et c'est ça qui est fort

VoixDeVelours

ça m'a rappelé un film vu il y a des années — cette idée que la liberté peut arriver là où on l'attendait vraiment pas. beau texte.

Damien

grave la chute j'ai pas vue venir, respect

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