Le retraité du manoir m’attendait chaque après-midi
Chaque après-midi je traversais le jardin pour l’aider avec les vignes, mais nous savions tous les deux que je venais pour autre chose : pour la façon dont cet homme énorme me regardait.
Chaque après-midi je traversais le jardin pour l’aider avec les vignes, mais nous savions tous les deux que je venais pour autre chose : pour la façon dont cet homme énorme me regardait.
Je traversai le salon pour boire un verre d’eau sans me souvenir que les rideaux étaient toujours ouverts. De l’autre côté du verre, ses yeux m’avaient déjà trouvée.
J’ai la joue collée au carrelage froid et je ne me souviens pas de son visage, seulement du rythme de ses va-et-vient pendant qu’il me tient la taille.
Cet après-midi-là, tandis que le film continuait à jouer en fond, sa main moite a cherché la mienne sous la couverture et j’ai su que quelque chose entre nous changerait à jamais.
Quand elle m’a dit que je lui plaisais, je ne l’ai pas cru. Puis est venu le message avec le nom de l’hôtel et l’heure exacte. J’ai su que tout était réel.
J’avais filtré des dizaines de profils jusqu’à Marcos. Tout ce que je demandais, et la patience qui ne se trouve jamais en trop. Mais quelqu’un arrive toujours trop tôt.
Elle est entrée au confessionnal pour parler de ses rêves. Quand elle est ressortie de la sacristie, elle n’était déjà plus la même. Elle avait dix-huit ans et venait de découvrir ce que son corps lui réclamait depuis des mois.
Quand Marcos m’a dit qu’il voulait me partager avec un autre homme, je ne l’ai pas rejeté. J’étais curieuse, nerveuse et, pour la première fois, vraiment désireuse.
Quatre semaines sans le voir. Quatre semaines à tenter d’effacer le souvenir d’autres mains. Ce soir-là, Avril est devenue quelqu’un qu’elle ne reconnaissait pas.