Le plug qu’il m’a ordonné de porter à l’hôtel
Presque trois mois s’étaient écoulés depuis la dernière nuit avec Damián, et, pendant ce temps, nous étions devenus les complices d’une routine qui me dévorait. Nous nous écrivions tous les jours. Il était le spectateur le plus fidèle de mes séances en solo : en semaine, je me filmais en train de jouir dans les toilettes du travail, les doigts enfoncés en moi, et je me débrouillais pour lui envoyer la vidéo juste avant l’une de ses réunions. J’éprouvais un plaisir pervers à savoir que je le laissais dur et à bout de nerfs quelques minutes avant qu’il ne s’assoie face à un client.
Il me rendait la pareille. Des photos de lui, de courtes vidéos où il faisait exactement ce que je lui demandais : sa gueule de vicieux, sa main ferme, l’instant précis où il se vidait. À tout cela s’ajoutaient les messages, interminables et salaces, où nous inventions ce que nous nous ferions quand nous nous retrouverions peau contre peau. Je n’étais que la deuxième femme avec laquelle il avait couché, mais son imagination devinait mes fantasmes les plus enfouis et me poussait à vouloir des choses dont je ne savais même pas avoir envie.
Le revoir est devenu une urgence. Damián s’est inventé un voyage dans la ville pour rendre visite à un nouveau fournisseur de son entreprise, suffisamment loin pour justifier d’y passer une nuit entière. Nous avons compté les quinze derniers jours comme deux gamins attendant une date entourée sur le calendrier.
Sept, disait son message un matin. Il restait une semaine et cela m’a paru une éternité. Ces jours-là, je me touchais à une fréquence presque maladive, imaginant toutes les façons dont je voulais qu’il me remplisse, qu’il m’utilise, qu’il me coupe le souffle. Une autre journée de visites furtives aux toilettes m’attendait.
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En arrivant au bureau, le réceptionniste m’a saluée et m’a prévenue qu’il y avait un petit colis pour moi. Il m’arrivait d’acheter des choses sur internet et de mettre l’adresse du travail pour être sûre qu’il y aurait quelqu’un pour les recevoir, mais ce matin-là, je ne me souvenais d’aucune commande en attente. Je suis montée, je me suis assise à mon bureau avant l’arrivée de mes collègues et j’ai fait tourner la boîte entre mes mains. Elle était légère, pas plus grande que la moitié d’une boîte à chaussures, emballée avec un soin qui ne semblait pas venir d’une boutique.
Je l’ai secouée. Quelque chose de lourd a heurté le carton. J’ai relu le nom deux fois pour m’assurer qu’il n’y avait pas d’erreur : «Marina Solís», écrit à la main au feutre noir fin. J’ai reconnu cette écriture. Je l’ai ouverte.
Sous un papier de soie gris se trouvaient un string en dentelle noire et une petite pochette en tissu, elle aussi noire, qui contenait quelque chose de massif. Il ne m’a pas été difficile de deviner. Je l’ai sorti : un plug en métal poli, surmonté d’une pierre ambrée qui brillait sous la lumière du matin. J’ai senti la chaleur me monter des cuisses à la poitrine. Damián. J’ai croisé les jambes. Damián. Il ne faisait aucun doute sur l’identité de l’expéditeur. Une note accompagnait les deux cadeaux : « Pour notre rendez-vous, je veux que tu portes les deux. Ou que tu ne portes rien. »
Mes collègues ont commencé à arriver. J’ai tout rangé d’un coup dans le tiroir et j’ai fait comme j’ai pu pour dissimuler mon trouble pendant que je les saluais. Dans un message, je lui avais un jour confié où je travaillais, et cette attention calculée de mon amant me faisait fondre.
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J’ai attendu qu’ils partent déjeuner. Je me suis excusée en disant que je voulais terminer un mail important, et à peine ai-je entendu la porte se fermer que j’ai attrapé les cadeaux et je me suis enfermée dans les toilettes. Toute la matinée, j’avais lutté contre l’envie d’ouvrir ce tiroir. J’ai baissé mon pantalon et ma lingerie, qui n’avait pas séché depuis des heures. Une pellicule tiède et épaisse me recouvrait, de celles qui restent longtemps au bout des doigts quand on se touche. J’avais toujours été comme ça, trop humide, et je voulais qu’il le sache. Je voulais le rendre fou avec une photo.
J’ai recueilli un peu de ma propre humidité et je l’ai ramenée vers l’arrière, me massant lentement pour commencer à me laisser aller. Le plug était glacé, alors je l’ai réchauffé dans ma bouche, comme je l’avais vu faire dans tant de vidéos. Entre le métal entre mes lèvres et mon corps qui s’ouvrait avec une facilité qui me surprenait, je me suis sentie outrageusement pute. Sa petite salope, debout à côté des toilettes, les vêtements emmêlés autour des chevilles, cambrée et ouverte pour lui alors qu’il était à des kilomètres.
Quand le plug a atteint presque la température de ma peau, je l’ai couvert de salive et je l’ai posé à sa place. Je n’avais jamais utilisé de jouet de ce genre. Heureusement il était de petite taille et je n’étais pas une débutante : j’ai appuyé avec la pointe, j’ai senti comment il m’ouvrait centimètre par centimètre et je n’ai pas pu m’empêcher de me toucher en même temps. Je l’ai gardé quelques secondes à moitié entré, savourant la façon dont il me tendait la partie la plus large, puis je l’ai laissé entrer complètement. Il s’est logé parfaitement, présent sans gêner, et m’a donné un vice terrible.
J’ai levé mon téléphone en mode appareil photo. Entre mes fesses brillait cette pierre insolente. J’ai mis la tanga noire : la dentelle très fine épousait mon corps et laissait deviner, par transparence, l’éclat du plug. Damián n’était pas seulement un amant incroyable, il avait aussi du goût. Je lui ai envoyé la photo sans autre texte que « Je vais jouir avec les deux maintenant même » et un baiser. Sans attendre de réponse, je me suis frotté le clitoris plus fort, plus vite, les doigts glissant tout seuls. J’étais si proche du bord que l’orgasme m’a saisie en quelques minutes, les dents plantées dans ma lèvre pour ne pas faire de bruit.
***
Nous devions nous retrouver à six heures dans un hôtel du centre, et pour y arriver je devais prendre un bus pendant une demi-heure. Peu de temps, en théorie, mais entre l’envie de le voir et l’insécurité délicieuse de sentir l’air se glisser sous ma jupe rouge, me frôler là où personne ne devait, le trajet m’a paru insupportable. J’avais choisi la deuxième option de sa note. Ne rien porter. Seulement un porte-jarretelles, des bas noirs très fins et la jupe. Prête à être découverte à n’importe quel moment.
Damián m’a écrit juste au moment où je descendais du bus : « Je suis arrivé. Chambre 105. Ne passe pas par la réception. » L’hôtel occupait un ancien couvent, le même que la dernière fois. J’ai monté l’imposant escalier de pierre à vive allure ; je ne le trouvais pas si immense dans mon souvenir. Le tapis épais du couloir étouffait le cliquetis de mes talons. J’étais fiévreuse, séparée de lui par quelques mètres et quelques secondes seulement. J’ai frappé timidement à la porte. Elle s’est ouverte.
Damián. Nous nous sommes enlacés avec force, avec hâte, et nous nous sommes embrassés avec ce mélange de désir et de soulagement que seule l’attente donne. J’ai agrippé son cou, son visage, cette barbe sombre semée de quelques fils argentés. Il m’a serrée par la taille et les fesses tandis qu’il dévorait ma bouche. Nous avons refermé la porte sans nous lâcher. J’ai sorti de la poche de mon manteau la tanga qu’il m’avait offerte et je la lui ai tendue. Il m’a regardée, surpris pendant un instant, puis il a glissé la main sous ma jupe.
— Tu es une déesse — a-t-il soupiré entre deux baisers, palpent ma peau nue.
Je sentais son érection dure contre mon ventre. Je lui ai dégraffé sa ceinture avec des doigts nerveux pendant que les siens vérifiaient à quel point j’étais mouillée. Il les a à peine glissés en moi quelques secondes avant que je me retourne et que je me penche sur le petit bureau, face au miroir. J’avais fantasmé des préliminaires longs, des léchages sans hâte, mais la réalité n’acceptait aucun frein : il me fallait qu’il me pénètre tout de suite, et l’envie était réciproque. Il a seulement relevé ma jupe et ma blouse, me laissant les seins nus, qu’il a serrés avec force.
Son sexe est entré lentement, m’offrant cette sensation indescriptible du premier coup de rein. Sans me quitter des yeux dans le miroir, il m’a donné quelques va-et-vient profonds, lents, magistraux. Quand j’ai porté la main à mon clitoris, il l’a remplacée par la sienne. Il a gardé sa bite enfoncée jusqu’au fond et a pressé ce point sensible jusqu’à me faire jouir aussitôt, les genoux tremblants contre le bureau.
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Nous nous sommes embrassés et je me suis assise sur le lit, enlevant ma blouse et ma jupe tout en conservant le porte-jarretelles et les bas. De dos ou à quatre pattes, je savais que cette tenue produisait son meilleur effet, les jarretelles serrant mes cuisses, et je voulais lui faire ce plaisir de me voir ainsi. Il adorait ça, bien sûr. Passé la trentaine, j’étais fière de mon corps : si je manquais de poitrine, je compensais avec des fesses fermes, de longues jambes sculptées à la salle de sport et un dos que beaucoup avaient voulu parcourir. Très jeune, j’avais découvert le pouvoir d’attiser le désir d’un homme que je choisissais, et cela me fascinait. Les érections de mes amants étaient une drogue dure. Celle de Damián valait mille fois plus.
Je me suis renversée en arrière et il s’est enfoncé entre mes jambes pour me lécher. Je les ai ouvertes complètement, lui laissant recueillir avec la pointe de la langue ce qu’il aimait tant. Il savait que je brûlais de me toucher fort jusqu’à provoquer le squirt, et quand ses doigts sont entrés sans qu’il cesse de me lécher, un long gémissement m’a échappé. Il les mouvait avec une maîtrise que je connaissais bien, me repoussant encore vers cette limite délicieuse entre l’urgence et le plaisir.
Par message, il m’avait un jour demandé si j’aimerais essayer jusqu’où il pouvait m’étirer. L’idée me donnait un vice énorme. Je lui ai demandé de m’en mettre davantage. J’étais si mouillée qu’il n’a eu aucun mal à ajouter un doigt, puis un autre, jusqu’à ce que je sente sa main avancer presque entièrement, le pouce à l’extérieur pressant mon clitoris. Il la faisait bouger avec constance, ferme mais sans brusquerie. Le bruit liquide grossissait, encore et encore. C’est ainsi que mon deuxième orgasme m’a saisie, étirée par sa main, lâchant à son grand plaisir une quantité considérable de liquide qu’il a bu directement à la source.
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Il ne m’a pas laissé de répit. Quelques secondes plus tard, j’étais à quatre pattes, les jambes écartées d’un coup de genou habile et les épaules enfoncées dans le matelas. J’ai reçu son sexe une deuxième fois, et quand il m’a craché sur l’anus, l’envie d’avoir le plug en place est revenue d’un coup. Il l’a cherché dans mon sac et me l’a mis un moment dans la bouche pour que je le réchauffe. Il a pris le gel que j’avais laissé à portée de main et a laissé tomber une bonne dose entre mes fesses. Je me laissais préparer, docile.
Damián a pétri mon entrée en cercles réguliers, et quand il m’a sentie suffisamment relâchée, il a commencé à me pénétrer avec un doigt. Il ne le laissait pas immobile ni ne l’enfonçait profondément, il m’ouvrait seulement avec une patience qui me rendait folle. Après un couple de minutes, voyant que je recommençais à me caresser avec ces petits gémissements de chatte gâtée, il a récupéré le plug, l’a enduit et l’a posé à sa place. Il a joué, bien sûr : quand il était sur le point de le laisser entrer, il le retirait et appuyait de nouveau, me maintenant occupée juste sur la partie la plus large.
— Laisse-le comme ça, s’il te plaît, j’adore — ai-je supplié.
Je serais restée des heures avec cette tension subtile, avec la sensation pleine d’être occupée. Vous connaissez déjà l’équilibre impossible entre délicatesse et vice qui suintait de chacun de ses gestes, alors imaginez avec quelle précision il a fait glisser le jouet entièrement, d’une pression continue, me malaxant tandis que je haletais en voyant mon intimité céder.
— Il est entré tout seul, ton corps l’a avalé sans peine. Le jour où tu me laisseras te baiser là, ce sera fête nationale pour le reste de ma vie — a-t-il dit, émerveillé.
Je me suis tournée sur le dos. Damián me caressait les cheveux et m’embrassait, et sans le plug en place et sans sa bite dure comme une pierre, n’importe qui aurait pu penser que nous allions nous endormir enlacés. Comme il ne m’avait pas vue avec la tanga en dentelle, il m’a demandé de l’essayer. Je me suis levée pour la chercher et je l’ai mise par-dessus le porte-jarretelles, en lui tournant le dos et en me penchant pour qu’il profite de la pierre qui brillait entre mes fesses. Le résultat l’a rendu fou.
— Tu veux voir si elle me va vraiment bien ? — ai-je demandé, en retirant à nouveau la dentelle.
— Oui, voyons…
Il s’est assis entre mes jambes, m’a donné quelques longues léchées et a repris sa masturbation lente. Il savait que le spectacle que j’allais lui offrir allait le détruire. Les jambes très écartées et le clitoris exposé, j’ai commencé à me toucher à peine, juste pour ne pas jouir trop tôt. De l’autre main, j’ai attrapé la tanga et j’ai commencé à me l’insérer. Entre sa salive et mon humidité, le tissu glissait entre mes lèvres. Je le poussais peu à peu avec les doigts, cette sensation à peine rugueuse ajoutée au vice de m’exhiber. J’adorais lui montrer comment je me remplissais toute seule avec ma propre lingerie. Centimètre par centimètre, je l’ai fait disparaître.
Sans cesser de me frotter, je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai demandé si comme ça elle me allait mieux. Je n’ai pas entendu sa réponse : un orgasme honteusement intense m’a envahie. Les contractions ont repoussé dehors le bout de dentelle. Damián, hypnotisé, a approché son sexe et l’a passé entre mes lèvres mouillées, et avec le gland il a repoussé le tissu à l’intérieur. Nous respirions tous les deux profondément, perdus dans ce que nous faisions. Il est entré à moitié, serrant contre la dentelle déjà enfoncée. Avec le plug derrière et cette pénétration, la plus obscène que j’aie connue, je me suis sentie divinement remplie. Je me suis laissée étirer encore davantage, et quand son sexe a trouvé sa place, enveloppé par le tissu doux et trempé, il a commencé à bouger. Il n’a fallu que quelques coups de reins pour qu’il jouisse avec un long soupir, m’inondant.
Il ne s’est pas reposé une seconde. Répondant à mes plaintes frustrées, il est descendu me lécher le clitoris et m’a enfoncé les doigts pour accrocher la tanga. Il l’a tirée vers l’extérieur, lentement, en augmentant la pression de sa langue, et quand il m’a sentie au bord, il l’a arrachée d’un seul coup, me faisant pousser un cri rauque de pur plaisir.
***
Nous sommes restés longtemps enlacés, nous nous sommes encore plus embrassés. Je suis restée à mémoriser la constellation de taches de rousseur qui couvrait son torse. Il m’a tendu la tanga, complètement trempée de nous deux.
— Il est temps d’aller dîner, et je veux que tu sortes avec ça, comme ça, humide. Pour que tu te souviennes à chaque pas de la façon dont je viens de t’utiliser, ma petite salope.
Je lui ai souri et je l’ai mise sans protester. Damián était le cadeau le plus inattendu que la vie m’avait offert, et ce soir-là, avec la preuve de lui collée à ma peau, je l’ai su avec une certitude absolue.
