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Relatos Ardientes

L’ami de ma femme est arrivé quand il était déjà trop tard

La lumière blanchâtre du réfrigérateur éclaira le visage d’Andrés lorsqu’il déboucha la bouteille de soda. Froid, sombre, pétillant. Il retourna au salon en traînant les pieds, comparant en silence ce qu’il venait d’entendre avec sa propre histoire, essayant de trouver la fissure exacte par où Camila lui avait échappé.

Mateo l’attendait dans le canapé, un verre highball à la main et une cigarette allumée entre les doigts. La bruine frappait sans relâche les baies vitrées de la terrasse, réglant de son tintement monotone la température de cette aube gênante.

—Je vous félicite —dit Andrés, remplissant son verre sans en servir à son invité—. Comme les débuts d’un idylle sont beaux. L’intensité des découvertes, cette connexion presque effervescente quand deux personnes décident, d’un même élan, de construire quelque chose de neuf.

Mateo sourit, appréciant l’ironie mais feignant de ne pas la saisir.

—C’est exactement ça, mon pote. L’attirance, la conversation qui t’attrape, le geste simple qui t’ouvre la poitrine. On croit avoir tout retrouvé.

—Et les innocents qui attendons dans la normalité —répondit Andrés d’une voix calme mais les yeux chargés— finissons par comprendre, trop tard, que les choses ont changé à cause de quelque chose que nous ne contrôlions pas.

—On dirait que vous tombez dans les stigmates de toujours, et c’est une erreur. Je n’ai pas voulu lui faire de mal, à Renata. C’est juste arrivé. Vous devriez le savoir mieux que quiconque : il vous est arrivé la même chose avec Camila, à cette fête.

—Pas du tout. Le coup de foudre est différent de l’amour naissant. Entre elle et moi, il y a eu un long processus, une conquête difficile. Et je vous assure, Mateo, que ce n’était pas de la chance. C’était de la volonté. Quand on est engagé, le respect est la cuirasse qui protège la promesse. L’amour, le cordon rouge qui vous attache à distance et ne vous laisse pas tomber dans l’erreur.

—J’admire votre maîtrise de vous, Andrés. Mais parfois la pression de nous sentir différents, exclus, nous conduit à accepter des occasions que nous ne cherchions pas. Plus d’une fois j’ai voulu en parler avec Renata, mais ses convictions m’en ont empêché.

—Voilà le détail —dit Andrés—. Avant de décider de nous trahir, ni vous ni Camila ne nous avez pris en compte. C’est ça, la lâcheté.

Mateo alluma une autre cigarette et laissa la fumée se mêler à l’arôme de cerise douce qu’Andrés venait de libérer en chargeant sa pipe. Par la fenêtre ouverte entra un souffle humide qui remua les pages laissées sur l’horloge rectangulaire du buffet. Andrés les regarda du coin de l’œil et revint à la conversation.

—Dites, Andrés —dit Mateo en baissant la voix—. J’ai une question. Si vous en aviez l’occasion demain, sachant ce qu’elle a fait hier, lui donneriez-vous encore une chance de revenir ?

—Je ne sais pas. Si le retard n’était que de quelques heures et s’il venait avec un regret sincère dans les yeux, peut-être. Mais si elle met des jours, son visage apportera une aura différente. Et sachant qu’elle en aime un autre, je la renverrais d’où elle est venue. Ou qu’elle reste ; elle est de toute façon aussi chez elle ici que moi. C’est moi qui partirais.

Le silence tomba lourdement. La bruine persista. Andrés planta son regard dans le feu de la cheminée, où une braise orange refusait de s’éteindre.

—C’est une sensation de merde, hein ? —dit Mateo en expirant la fumée—. Que ton monde s’arrête pendant que celui des autres continue de tourner.

—Une sacrée merde. Comme si le sol s’effondrait et qu’on continuait à tomber sans voir le fond. Et on cherche des raisons, des explications à des motifs qu’on ne comprend pas. Si j’avais tout ici, à mes côtés.

***

Andrés avala une longue gorgée et se cala dans le canapé, décidé à raconter ce qu’il gardait depuis des mois.

—Quand je me suis séparé de Camila pour mes études et le travail, je n’avais en tête que revenir en étant quelqu’un d’important. Lui offrir un meilleur avenir. Une vie à mes côtés, si elle le voulait. Je suis parti à Bucaramanga avec l’envie d’apprendre. Et là-bas, j’ai rencontré Lucía. Nous étudiions dans la même faculté. Nous avons eu une petite histoire, intense, mais je me suis rendu compte que Camila me manquait trop, ses caprices, nos petites disputes. Lucía est passée d’amante à excellente amie. C’est elle qui m’a poussé à revenir.

—Lucía ? La femme à l’accueil du restaurant où nous nous sommes vus la semaine dernière ?

—La même. Elle a toujours été aux petits soins. Elle m’aime à sa manière, honnête et inconditionnelle.

—Mon vieux, nous avons tous un ange gardien —sourit Mateo en remuant la glace dans son verre—. Et alors, qu’est-ce qui s’est passé ?

—Je suis rentré à la fin du deuxième semestre. Je lui ai rendu visite, j’ai parlé avec ses parents, nous sommes sortis faire la fête avec des amis. Et de conversation en conversation, elle m’a raconté des choses sans me regarder. Un professeur de l’École d’aviation la flattait sans cesse, il lui expliquait en privé les questions techniques. Camila a confondu reconnaissance et amour sincère et a mordu à l’hameçon.

Mateo leva l’index, le posa sur ses lèvres, allongea le bras gauche vers son hôte et expira la fumée.

—Ne me dites pas que ce professeur vous a grillé la priorité.

—Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Exactement ça.

—Nom d’un mercredi ! Et qu’est-ce que vous avez fait quand vous l’avez appris ?

—J’ai encaissé. J’ai continué mes études, mon travail, mes objectifs. Si elle avait évité de me regarder droit dans les yeux, ça voulait dire que je lui importais autant, sinon plus, que ce professeur. Je l’ai laissée vivre son histoire. J’ai continué à l’écouter, sans la brusquer. Conseils je donne, que pour moi je n’ai pas.

—Et ça a marché ?

Andrés leva les yeux, et dans ses yeux bleus brilla une étincelle de rage contenue. Le souvenir lui brûlait l’estomac. Il tenta de l’apaiser avec le goût sucré du soda.

—Oui et non. Elle me demandait mon avis sur tout, sauf sur l’unique chose importante. Je lui avais recommandé de se protéger. De ne pas ouvrir les portes si elle n’était pas sûre.

—Quoiééé ?

—Avec trois mois de retard, elle me l’a avoué. Trente jours plus tard, j’étais furieux comme un chien dans les bureaux de l’administration, à la recherche du triple enfoiré. Fin juin, ce petit fils de pute avait démissionné pour partir aux États-Unis, soi-disant pour améliorer son anglais. Il lui a fait le coup. Il l’a laissée comme ça, en plan.

—Elle a dû avorter ?

—Don Roberto, mon beau-père, était très malade. Il avait été hospitalisé pour insuffisance cardiaque aiguë. Ni doña Marta ni sa sœur Carolina ne savaient que Camila fréquentait quelqu’un à l’école. Seule Daniela, la cadette, connaissait ce roman caché. Pour ne pas aggraver le vieux ni provoquer une crise de colère à sa mère, j’ai parlé avec Camila et je lui ai proposé de prendre les choses en main. De tout.

—Alors… le garçon n’est pas votre fils ?

—Tomás n’aura pas mon sang, mais il a mon essence. Il est mon fils, par décret.

Mateo se tut. Il écrasa le mégot dans le cendrier, le tourna, étouffant les restes. La vérité lui arrivait de plein fouet.

—Eh bien, mon vieux. Je ne m’y attendais pas. Vous vous êtes mis sur les épaules un lourd fardeau, et je vous admire. Mais… vous ne pensez pas maintenant avoir pris une décision trop hâtive ? Parce que Camila ne vous aimait pas à ce moment-là. Il n’y avait que l’attirance initiale.

—Exactement, c’est le débat qu’on a eu tous les deux. Elle s’y est opposée au début parce que, selon elle, je ne devais pas gâcher ma vie. Je lui ai répondu avec l’argument qu’elle-même exige maintenant, depuis hier soir, ou depuis des mois. Du temps, Mateo. Du temps pour me consacrer à elle et toute une vie ensemble pour tomber amoureux.

***

Mateo profita de la pause pour aller jusqu’au congélateur et sortir trois glaçons. De l’autre côté du buffet, il fit tinter le verre et reporta son regard sur Andrés, déjà ailleurs.

—Nous nous sommes mariés à la première étude notariale, ici à Chía. Cérémonie simple. Réception à la ferme de mon grand-père. La lune de miel, c’est mon frère aîné et Carolina qui l’ont imaginée : ils nous ont obtenu une chambre dans un hôtel de Santa Marta.

—Excellent choix, mon vieux. Une ville de sel et de remparts, c’est exactement ce qu’il faut à un couple pour sceller son amour.

—Cette nuit-là, Santa Marta nous a accueillis avec la lourdeur chaude des vieux ports, après une courte averse. Les rues de pierre reflétaient les lumières ambrées des lanternes, comme si toute la ville nous murmurait les secrets d’autres amours. Nous avons marché main dans la main dans le centre, entourés par le parfum sucré des bougainvillées qui grimpent sur les balcons coloniaux. Je ne pensais qu’à l’emmener à l’hôtel.

Mateo acquiesça, sans l’interrompre. La curiosité brillait dans ses yeux noirs.

—De loin nous parvenaient des tambours. Des rythmes ancestraux qui se sont glissés sous la jupe blanche de Camila, et de là, par osmose, sous la peau. Elle m’a entraîné à danser. À chaque note, à chaque tour, à chaque caresse de ma part qui glissait plus bas sur sa taille, elle s’enflammait. Jusqu’à ce qu’une de mes mains s’aventure au-delà du permis et nous fasse à nouveau prendre nos distances.

—Ha ! La Camila d’avant est revenue, cette jument brune qui vous a fait trébucher à la fête des quinze ans ?

—Elle m’a montré sa colère avec ses yeux assombris, mais aussitôt son rire les a rallumés. Et je n’eus pas besoin d’autre boussole pour savoir où mes mains ne devaient pas se glisser sans son consentement, même si j’étais déjà affamé d’essayer avec ma langue chaque pore de sa peau sombre.

—Continuez, mon vieux, continuez.

—Nous avons partagé une arepa à l’œuf à un stand du coin, en riant comme si le luxe consistait à être si proches l’un de l’autre. Sous un ciel déployé comme un manteau de soie noire parsemé de sequins, j’ai compris combien elle était essentielle à ma vie. Ensuite, assis près des remparts avec la mer des Caraïbes qui s’étirait jusqu’à l’horizon, les mots sont devenus superflus. Le simple frôlement de ses doigts et le silence de ses yeux implorants ont suffi pour que je lui donne un baiser plus passionné que le premier, sans craindre un refus. Le murmure de la mer contre les pierres fut mon complice muet.

—Et la nuit ?

Andrés sourit de travers, la pipe entre les dents.

—Cette nuit-là, j’ai compris que parfois l’amour se dit mieux à voix basse, et devient sublime sur les draps, récitant les désirs entre chuchotements et halètements. Moi, à genoux entre ses jambes, sans que les corps soient nécessairement entremêlés. Le sanctuaire privé devrait attendre une autre nuit.

Andrés se perdit dans le souvenir. Il voyait Camila essayer de se blottir, ramener les jambes, cacher entre ses bras ce qu’elle n’osait à peine ressentir. Et pourtant, son intimité rose et gonflée ne se décollait pas de la bouche experte de son mari. Une morsure sur l’articulation de l’index pour retenir ses gémissements. Jusqu’à ce que, vaincue, la voix haletante, elle épelle chaque voyelle de son aveu :

« Ayyy, petit Jésus béni, c’est quoi ce que je suis en train de sentir ? Continue comme ça, mon p’tit. Tu m’as à trois orgasmes de tout foutre en l’air et de tomber éperdument amoureuse de toi ».

—Putain, mon gars ! —rit Mateo depuis la cuisine—. Alors tout s’est réduit au sexe oral ?

—Notre lune de miel a été à distance. Ma réputation de coureur de jupons a provoqué la glace dans le lit, la nuit de noces et les suivantes. Et la honte de sa grossesse nous a barré la route les premiers mois. Jusqu’à ce qu’un jour, deux ou trois mois après l’accouchement, ça arrive dans la salle de bain. Sous la douche. Elle m’a demandé de l’aide. Entre le savon glissant et le shampoing qui lui brûlait les yeux, je lui ai dit : « Toi ici avec tout ça, et moi en bas sans avoir encore pris mon petit-déjeuner ? ». Elle a éclaté de rire. Et j’en ai profité. C’était le point de bascule.

—Bravo à vous —trinqua silencieusement Mateo—. Vous avez réussi à apprivoiser sa méfiance.

—Après ça, tout a augmenté. Affamés, assoiffés de nous explorer. Nous avons terminé nos études, notre fille Valentina est arrivée. Peut-être que cette pause a été ce qui a déclenché la recherche de nouveaux défis. Camila ne m’a pas menti cette fois-là. Elle m’a dit que nous devions nous aventurer. Je lui ai donné raison.

—Qu’entendez-vous par s’aventurer ?

Andrés, sans quitter des yeux le portrait de famille entrouvert posé sur le coffre-fort, choisit ses mots.

—Cette spontanéité passionnelle croissante. Ce n’est quand même pas compliqué à comprendre ?

Mateo leva un sourcil et plissa ses yeux noirs.

—Eh bien, elle est directe, franche et dominante, non ?

Le silence soudain suffit à l’invité pour deviner les sourcils froncés de son hôte.

—Dans le peu de temps que je la connais, et avec tout ce que vous m’avez raconté, j’imagine qu’elle a agi comme la Camila que je connais. Elle est comme ça, non ?

Andrés ne répondit pas. Dehors, la bruine continuait de compter l’aube. Les pages écrites sur l’horloge rectangulaire attendaient, patientes, qu’il se décide à les ouvrir encore. Et Mateo, depuis la cuisine, le regardait avec la lenteur de quelqu’un qui n’a pas encore fini de récolter ce qu’il est venu chercher.

Camila, cette même nuit à Santa Marta, l’avait coincé dans la chambre à peine la porte fermée. Il n’y eut ni tendresse de film ni pudeur de jeunes mariés : il y eut la faim. D’abord, elle lui ôta sa chemise, tirant sur les boutons avec impatience tandis qu’elle lui plantait le regard, comme si elle avait besoin de vérifier qu’il était bien là, entier, pour elle. Andrés leva les mains, amusé, et elle lui mordit la clavicule avec assez de force pour lui laisser une trace brûlante.

—Ne fais pas le saint —lui murmura-t-elle à l’oreille en le poussant vers le lit—. Viens. Je veux voir ta tête quand tu oseras vraiment me toucher.

Il répondit par un bref sourire et la prit par la taille. Camila portait une robe légère, encore tiède de la promenade, et dessous elle ne portait presque rien. Le minuscule soutien-gorge contenait à peine le poids de ses seins, et la courbe de ses hanches se dessinait avec une douceur effrontée qui fit mal à Andrés jusqu’au sang. Il l’assit dos à lui sur le bord du matelas et lui remonta la jupe d’un coup sec, sans cérémonie. Les jambes de Camila s’ouvrirent d’elles-mêmes, obéissantes et défiantes à la fois, comme si elle lui offrait justement la punition que tous deux avaient différée.

—Comme ça —dit-elle en respirant plus vite—. Touche-moi là. Pas avec précaution. Plus bas.

Andrés glissa la main entre ses cuisses et trouva la chaleur humide qui trempait sa culotte. Le gémissement qui s’échappa de Camila fut court, rauque, obscène. Il écarta le tissu juste ce qu’il fallait pour la voir de près : sa chatte brillait déjà, ouverte et sensible, gonflée de désir, et l’humidité lui coulait à la racine de la cuisse. Il resta une seconde à la regarder, déglutissant, avant de se pencher et de passer la langue sur le pli le plus tendu, la goûtant avec un désespoir qu’il ne tenta même pas de cacher.

Camila rejeta la tête en arrière et s’agrippa à ses épaules.

—Oui, fils de pute… comme ça, comme ça… suce-moi fort.

Il obéit sans pause, écartant ses lèvres avec sa bouche, léchant de bas en haut, enfonçant sa langue là où elle frémissait le plus. Chaque fois qu’il la pressait fermement, Camila lui serrait la nuque et lui enfonçait la chatte sur le visage, en demandant davantage. Ses cuisses tremblaient. Sa voix tremblait. Tout son corps tremblait d’une urgence presque agressive. Andrés la fit jouir une première fois avec sa langue, sentant ses doigts se durcir dans ses cheveux et un gémissement lui échapper, saccadé, sale, sans pudeur.

—Ne t’arrête pas —haleta-t-elle, encore secouée—. Ne me laisse pas respirer tout de suite.

Il la déshabilla complètement ensuite, faisant glisser le tissu humide le long de ses jambes. Camila se redressa juste assez pour lui arracher son pantalon, désespérée, et quand elle lui sortit la bite, elle la prit à deux mains sans peur, savourant sa taille, sa chaleur, la dureté palpitante qui battait comme un animal enfermé. Elle en passa le bout sur ses lèvres, sur son cou, sur sa poitrine, et la mit en bouche avec une voracité qui fit fermer les yeux à Andrés.

—Ça —grogna-t-il—. Suce-moi bien. Tout entier.

Camila lui suçait la bite sans délicatesse, avec sa langue longue et la gorge ouverte, alternant les succions profondes avec de rapides coups de joue et de langue. Elle le regardait parfois, défiant, comme si elle voulait l’obliger à soutenir son regard pendant qu’elle le menait au bord. Andrés lui tint la tête un instant, sans pousser, guidant seulement le rythme, et quand il sentit ses couilles se tendre de pure anxiété, il la releva et la jeta doucement sur le lit.

Alors il se mit entre ses jambes.

—Dis-moi si tu le veux comme ça —murmura-t-il.

—Je le veux entier —répondit-elle en ouvrant plus les jambes—. D’un coup.

Il la pénétra lentement au début, mais non par tendresse, plutôt pour la savourer. Le petit bout de la bite ouvrit la chatte avec une résistance chaude, puis tout céda d’un coup, l’avalant dans un son humide et obscène qui remplit la chambre. Camila se mordit la lèvre inférieure, puis lui enfonça les ongles dans le dos lorsqu’il s’enfonça jusqu’au fond. Andrés resta immobile une seconde, sentant comment elle l’engloutissait tout entier, comment elle lui serrait le membre de l’intérieur avec une pression délicieuse qui le faisait presque jouir d’entrée.

—Vas-y —dit-elle, la voix brisée—. Ne reste pas là à me regarder comme un idiot.

Il commença à la baiser d’un rythme ferme, hanche contre hanche, frappant de plus en plus profondément. Le lit grinçait à chaque va-et-vient. Les seins de Camila rebondissaient sans honte au rythme des poussées, et il baissa une main pour les presser, lui pincer les tétons jusqu’à la faire se cambrer et lâcher un petit cri étouffé. Puis il lui saisit une jambe sous le genou et la lui leva sur l’épaule pour l’ouvrir davantage, pour lui entrer avec plus de rage, et elle répondit en soulevant les fesses, en le cherchant, en le guidant par des mouvements durs, autoritaires, obscènes.

—Ça, mon poussin —gémit-elle—. Donne-moi ça plus profond. Je veux te sentir jusqu’à la gorge.

Andrés ne lui refusa rien. Il la prit par la taille, brisa le va-et-vient par des coups secs, bestiaux, et Camila recommença à jouir, l’attrapant avec des contractions si fortes qu’elles lui arrachaient un grognement à chaque coup. Le visage de Camila changea complètement : yeux fermés, bouche ouverte, respiration défaite, seins rougis par ses propres mains. Il se pencha pour l’embrasser tout en continuant à la baiser, et le baiser fut aussi sale que le reste : salive, dents, gémissements mêlés, la langue de Camila lui poussant le goût de sa propre excitation.

—Tu me rends folle —dit-elle, tremblante sous lui—. Continue. N’arrête pas maintenant.

Alors Andrés la mit de côté, la plia un peu sur elle-même et lui rentra à nouveau par derrière, voyant comment ses fesses se tendaient et s’enfonçaient à chaque estocade. Le son du choc de peau contre peau était un pur désordre. Camila posa une main sur la tête de lit et l’autre entre ses jambes, se frottant tandis qu’il la remplissait par derrière, plus profondément, plus lourdement, jusqu’à la faire sangloter de plaisir. Il se pencha et lui mordit l’épaule, enfouissant son visage dans son cou, respirant cette odeur tiède, de sexe et de sel et de parfum déjà brisé par la chaleur.

—C’est comme ça que je t’aime —lui dit-il à l’oreille—. Que tu ne fasses pas la prude avec moi.

—Jamais —répondit-elle, serrant plus fort sa chatte autour de sa bite—. Jamais avec toi.

Camila finit par jouir dans un cri bas, tordu, agrippée aux draps comme si sa vie en dépendait. Andrés la suivit presque aussitôt, sentant le spasme lui monter des testicules jusqu’au dos, et avant de se perdre complètement il la maintint par les hanches et la remplit d’une giclée chaude et épaisse, lui pompant le sperme au-dedans tandis qu’elle continuait à trembler et à rire à la fois, épuisée, satisfaite, invincible. Ils restèrent un moment à respirer en désordre, en sueur, collants, encore unis, jusqu’à ce qu’elle lui caresse la joue avec une tendresse insolente et lui murmure :

—Maintenant, oui. Tu as gagné la guerre.

Puis, pourtant, le temps continua de leur en demander plus. Dans cette même pièce, déjà plongée dans la nuit, ils ne se contentèrent pas d’une seule fois. Camila se mit à califourchon sur lui et le chevaucha lentement, guidant la bite de la main tandis qu’elle s’abaissait centimètre par centimètre, regardant le visage d’Andrés avec un mélange de défi et de faim. Elle lui demanda de ne pas parler, de simplement la soutenir, de la laisser l’utiliser comme bon lui semblait. Il lui obéit et lui prit les hanches, marquant le rythme par en bas lorsqu’elle commença à rebondir, de plus en plus vite, la jupe déjà en loques et les cheveux collés à son cou en sueur. On entendait leurs halètements, ses ongles lui griffant la poitrine, le bruit humide de leurs corps se rencontrant sans répit. Camila jouit sur lui, convulsant avec violence, et il la maintint jusqu’à ce qu’il puisse baisser la tête et lui sucer les tétons durs, l’un puis l’autre, pour lui rendre son souffle de la bouche.

Plus tard, dans la salle de bain, avec la vapeur embuant le miroir et l’eau glissant sur leurs dos, ils s’emmêlèrent de nouveau. Camila s’appuya des mains contre le mur de carreaux, écarquilla les jambes et lui demanda de rentrer encore, maintenant plus lentement, pour le sentir sortir et entrer pendant qu’il la remplissait jusqu’à la faire trembler. Andrés lui tint la taille et lui martela la chatte par derrière avec des poussées longues, sonores, jusqu’à ce qu’elle se voie dans le miroir et se découvre faite de pur besoin, le visage rougi, la bouche ouverte, le regard perdu. Elle se toucha elle-même, il recouvrit sa main de la sienne, et tous deux recommencèrent à jouir, haletant contre la vitre embuée, riant comme si la honte n’existait pas.

Et quand enfin ils restèrent silencieux, Andrés comprit que ce n’était pas seulement un exutoire de lune de miel. C’était la première fois que Camila cessait de le mesurer, de se méfier, de cacher son désir sous l’orgueil. Elle avait cédé par pur plaisir, oui, mais aussi parce qu’elle voulait l’avoir dans sa vie avec la même intensité que dans son corps. Dès lors, le lit cessa d’être une frontière et devint un champ ouvert : Camila lui réclamait la bouche, la bite, les mains, le cul parfois, si l’audace du moment la trouvait d’humeur, et Andrés apprit à lire chacune de ses respirations comme un ordre. Ils alternaient entre douceur et férocité, entre tendresse et vulgarité, entre le domestique et l’animal.

—À quoi faites-vous allusion quand vous dites s’aventurer ? —demanda de nouveau Mateo, toujours chargé de cette curiosité gênante qui ne le laissait pas tranquille.

Andrés mit du temps à répondre. Dehors, la bruine continuait de compter l’aube. Les pages écrites sur l’horloge rectangulaire attendaient, patientes, qu’il se décide à les ouvrir encore. Et Mateo, depuis la cuisine, le regardait avec la lenteur de quelqu’un qui n’a pas encore fini de récolter ce qu’il est venu chercher.

—Au fait qu’elle m’a demandé de ne pas toujours la traiter pareil —dit enfin Andrés, fixant la braise de la cheminée—. Qu’elle voulait parfois que je la prenne fort, que je la plaque contre le mur, que je la fasse taire la bouche pleine. Qu’elle aimait sentir la pression de mes mains sur sa gorge, le souffle brisé, la petite douleur juste avant le plaisir. Que l’amour ne lui suffisait pas ; elle voulait aussi la faim.

Mateo ne répondit pas. Il tira une dernière bouffée et laissa la fumée monter lentement, comme s’il mesurait la distance exacte entre la confession et le désastre.

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